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Plus d'explications sur ...

La zibeline (Martes zibellina)

Ce typique représentant de la famille des martres vit en Asie. C’est un habitant de la taïga en Sibérie, depuis les montagnes de l’Oural à l’Ouest jusqu’au Kamtchatka à l’est et, au sud, jusqu’en Mongolie, Mandchourie et en Corée du Nord. La fourrure de la zibeline est, depuis l’antiquité, la plus estimée et la plus chère à cause de sa fourrure épaisse et soyeuse. Déjà au 9ème siècle et surtout au 10è siècle, les Vikings suédois, qui s’étaient installés à Novgorod (Aldeigjuborg pour les Vikings) sur le lac Ladoga, achetèrent des peaux aux chasseurs sibériens. C’est par la ville commerciale Birka en Suède que ces peaux arrivèrent en Europe de l’Ouest.

En tant que mustélidé avec son corps long et élancé, son poil épais de 4 cm fait qu’il semble plus court que la martre auquel il ressemble beaucoup. La zibeline a une queue plus courte que la plupart des mustélidés, mais ses pattes sont proportionnellement aussi longues. Elle se distingue aussi de la martre commun par le fait qu’elle est totalement plantigrade. Il y a une grande différence de taille et de couleur chez ces animaux. Les différences de couleurs qui se manifestent à l’état sauvage sont dues au milieu vie auquel ils doivent s’adapter et au climat.

En été, les populations sauvages se ressemblent toutes par la couleur. L’adaptation à l’environnement se fait surtout en hiver. La zibeline est alors plus foncée que la martre. Les jarres sont brun-foncé jusqu’à noirs sur le dos. Il y a un contraste entre les jarres et le duvet. Dans les peaux foncées, lorsque les jarres sont brun-foncé jusqu’à presque noirs, le duvet est gris-bleu sur toute sa longueur. Chez les peaux claires, le duvet est gris-basalte seulement à la base, et au-dessus, du côté visible, la couleur est brun-jaune. Ces animaux ont en général une tache orangée à la gorge. C’est une marque dominante.

La zibeline n’est pas aussi sauvage que la martre (des pins) et peut être facilement domestiquée. Cette espèce s’adapte très bien à l’élevage. L’élevage des zibelines commença dans l’ancienne Union Soviétique, en 1931, aux environs de Moscou. Ces animaux ne sont pas mûrs sexuellement dès la première année comme le sont les visons américains. Dans les élevages, 20 à 30% des femelles s’accouplent pendant la 2ème année. La plupart ne s’accouplent que pendant la 3ème ou 4ème année. L’ovulation a lieu après une stimulation portante de l’accouplement (comme chez les visons, les putois et les chats) et les zibelines connaissent également une implantation différée des ovules fécondés. La plupart des femelles mettent bas de 3 à 4 jeunes mais une portée peut varier de 1 à 10 petits. Les zibelines vivent longtemps, jusqu’à 15 ans. Dans certains élevages, des femelles âgées de 12 ans ont encore procréé d’une façon saine.

Nonobstant le fait que la zibeline est un prédateur et un pillard, elle est considérée comme non nuisible dans son biotope naturel en Europe de l’Est et en Sibérie. Toutefois à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, la population sauvage rétrograda fortement à cause des chasses incontrôlées. La population des zibelines s’éclaircit et disparut même localement. Pendant les années 1912 – 1916, le Tsar de Russie défendit de chasser la zibeline. Au début des années 1920, le régime soviétique de l’époque intervint et promulgua une série de lois. La chasse fut temporairement interdite, des nettoyages furent faits et des élevages de zibeline furent fondés, libres de toute chasse pendant différentes décennies. A partir de 1934, les animaux des réserves furent utilisés pour de nouvelles introductions dans des endroits où les populations étaient éteintes ou avaient fortement diminué. Mais la population des zibelines se reconstitua rapidement, grâce à ces mesures. Heureusement ! En 1950, on estima que la population des zibelines était aussi importante qu’au 17ème siècle.

Le rétablissement se fit tellement bien que l’on fut obligé de diminuer la quantité d’animaux dans les réserves protégées et de les garder sous contrôle afin de pouvoir en assumer une gestion durable. Cette gestion des réserves livra une certaine quantité de peaux sur le marché de la fourrure. Le surplus des zibelines fut vendu. La gestion des réserves put ainsi être financée en partie. A côté de cela, en Sibérie, la chasse à la zibeline fut pratiquée par les différents autochtones et d’autres, en partie des Russes, afin de prévoir une partie de leur subsistance. Les hivers longs et froids offrent peu d’alternatives, si ce n’est de vivre durablement avec ce qu’offre la nature.